Coralie Vincent

Retrouvez l'entretien de Coralie Vincent, qui se présente en répondant à une série de questions consacrées à son parcours, à ses fonctions et à son expérience. Cet échange vise à offrir un aperçu de son activité et de ses liens avec le Collegium Musicæ.

Diplômée de la formation de musicien-ingénieur du son du Conservatoire de Musique de Paris, j’ai débuté ma carrière au CNRS comme responsable du service audiovisuel de l’unité de service du centre Haudricourt à Villejuif. J'y collaborais avec des ethnologues, des linguistes, des musicologues, des anthropologues. Après deux formidables années, immergée dans des images et des sons (musicaux comme de parole) venant littéralement du monde entier, j’ai choisi de m’orienter vers la recherche et je suis devenue responsable de plateforme expérimentale en linguistique. J’ai ainsi intégré le Laboratoire de Phonétique et Phonologie (CNRS/Sorbonne Nouvelle), puis le laboratoire Structures Formelles du Langage (CNRS/Paris 8), où j’assurais l'élaboration et la mise en œuvre technique des expériences dédiées à l’étude de la physiologie de la parole, de la psycholinguistique et des langues des signes. Depuis septembre 2022, je suis coordonnatrice des aspects expérimentaux de l’axe Son/Musique & Santé au laboratoire Sciences et Technologies de la Musique et du Son - STMS (CNRS/Ircam/Sorbonne Université/Ministère de la Culture).

Mon travail consiste à concevoir, implémenter et piloter des protocoles expérimentaux pour étudier l’impact du son et de la musique sur la santé et le bien-être. Je mobilise mes compétences en musique, en perception auditive, en ingénierie du son et en métrologie pour explorer des questions variées, allant de la recherche fondamentale sur les mécanismes perceptifs à des applications cliniques en collaboration avec des groupes hospitaliers parisiens.

Je travaille actuellement sur deux projets majeurs :
• CoMo-Rééducation : issu de la thèse d’Iseline Peyre (2022), ce projet évalue l’apport de la sonification pour la rééducation du mouvement ;
• Psyson : sélectionné par le programme hospitalier de recherche infirmière et paramédicale, il étudie les effets de la musique sur la modulation / réduction des crises d’anxiété en psychiatrie.

L'interdisciplinarité est un aspect central de mon activité : au quotidien, je côtoie des chercheurs (en neurosciences, en design sonore…), des praticien·nes et infirmier·ères, des participant·es à nos expériences, des patient·es, mais aussi les services informatiques de nos partenaires.

Ainsi, bien que ne travaillant plus en linguistique, la question du langage demeure néanmoins fondamentale et inhérente à mes missions. Une partie de mon activité consiste à adapter mon discours, mais aussi à trouver les mots justes pour parler du son et de ses effets, à s'accorder sur des termes non-ambigus avec chaque interlocuteur et à transcender les limites de vocabulaire de chaque discipline.

Le Collegium Musicæ représente pour moi une opportunité unique de renforcer cette interdisciplinarité. Dès mon arrivée au STMS, j’ai rejoint le projet "Sur la piste de l’écoute musicienne" soutenu par le Collegium. Cela m’a permis de renouer avec la dynamique collaborative entre artistes (musiciens), ingénieurs et chercheurs, une mécanique que j’affectionne particulièrement.

Lors du séminaire des 10 ans du Collegium en octobre, j’ai eu la joie de retrouver des collègues rencontrés à mon entrée au CNRS. Je ne peux qu’espérer que ces retrouvailles et de nouveaux liens noués lors de cette rencontre feront naître de fertiles collaborations autour de la musique et de la santé !