Yvan GIRO : Écoresponsabilité, facture instrumentale et musique – évaluation des enjeux et contraintes des nouveaux matériaux pour la lutherie

Yvan Giro a suivi la double Licence Sciences et Musicologie de Sorbonne Université de 2016 à 2019, au sein de laquelle il a acquis des compétences en mécanique, en musicologie, et à l’intersection de ces deux domaines d’études. C’est cette interdisciplinarité qu’il a souhaité poursuivre en intégrant en 2019 la spécialité Acoustique du Master de Mécanique de Sorbonne Université, plus particulièrement en suivant le M2 ATIAM : Acoustique, Traitement du signal et Informatique Appliqués à la Musique, proposé par Sorbonne Université en collaboration avec l’IRCAM et Télécom Paris. Au cours de cette formation, il s’est spécialisé en acoustique musicale, autour de thématiques telles que l’étude de modèles vibratoires d’instruments de musique. En autodidacte, il s’est formé en parallèle à la Guitare.

Yvan GIRO : Écoresponsabilité, facture instrumentale et musique – évaluation des enjeux et contraintes des nouveaux matériaux pour la lutherie

Questions de recherche

En octobre 2021, Yvan Giro a commencé une thèse soutenue par le Collegium Musicæ intitulée : 

« Écoresponsabilité, facture instrumentale et musique : évaluation des enjeux et contraintes des nouveaux matériaux pour la lutherie ». 

La problématique dont émane le sujet de cette étude est celle d’une complexité croissante de l’accès aux bois traditionnellement employés en lutherie. Le commerce d’essences de bois tropicales telles que le palissandre et l’ébène (genres Dalbergia et Diospyros) est, en effet, sujet à des réglementations de plus en plus strictes, répondant à la croissance de leur trafic illégal constituant une menace pour ces espèces. Les essences de bois locales présentent également des difficultés d’accès : l’épidémie de parasites frappant les forêts d’épicéas françaises depuis 2019 en raison de conditions climatiques inhabituelles, constitue en effet une menace importante pour la facture instrumentale. Ce contexte motive la recherche de substituts aux bois de lutherie, par la redécouverte d’approches de facture anciennes comme par le développement de matériaux nouveaux. Le travail réalisé au cours de cette thèse est centré autour du cas de la guitare, un instrument particulièrement protéiforme qui représente pour les luthiers un terrain d’expression et de nouveauté.

Contexte

Le travail se fera suivant plusieurs axes, relatifs à la musicologie, à la mécanique et à la facture instrumentale. Une étude organologique de la guitare, centrée autour de la question du matériau, permettra de dresser un panorama des pratiques de facture ayant été associées à l’instrument à travers l’histoire. Les matériaux identifiés seront étudiés d’un point de vue mécanique, par la simulation puis la mesure du comportement vibratoire de tables d’harmonie produites avec ces derniers. L’usage de matériaux composites permettra l’application d’une méthode d’optimisation grâce à laquelle il sera possible de contrôler les propriétés vibro-acoustiques des tables d’harmonie produites. La guitare étant un objet musical avant tout, il sera nécessaire d’évaluer la manière avec laquelle chaque matériau est perçu par les auditeurs et musiciens dans le contexte d’une performance, au travers d’une étude perceptive. Enfin, une réflexion autour de la notion d’éco-responsabilité restera au cœur du déroulement de ce projet. Elle se concrétisera par la recherche d’indicateurs pertinents pour l’évaluation du coût environnemental associé à l’ensemble du cycle de vie d’un instrument.

Laboratoires d'accueil

Cette thèse a lieu au sein de l’équipe Lutherie-Acoustique-Musique de l’Institut Jean Le Rond ∂’Alembert, sous la direction de Jean-Loïc Le Carrou (LAM - ∂’Alembert) et de Benoît Navarret (IReMus), et sous l’encadrement de Sophie Dartois (MISES - ∂’Alembert), d’Angela Vincenti (MISES - ∂’Alembert) et de Romain Viala (ITEMM).